Le  »temps » de la retraite qui sonne.

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Le 27 décembre dernier, c’était la plus grosse tempête de l’histoire de mon humanité toute entière.

Vraiment.

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Je suis né le 4 Mars 1988 et on a souvent attribué la date de ma fête à la fameuse tempête du siècle en 1971

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Cette fois-ci, on a eu droit à une nouvelle tempête du siècle…

45cm en moins de 24 heures.

Des rafales de 108km/h.

L’apocalypse.

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Je sais, je l’ai affrontée pendant plus de 5 heures

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Vous me direz que je suis fou.

Certainement, mais j’avais un engagement.

Celle d’aller immortaliser une dernière journée au bureau.

Pour mon père.

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Le Potal prenait sa retraite cette journée-là.

(Bon si vous savez pas pourquoi je le nomme ainsi, lisez ici)

Rien de moins…

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Après près de 30 ans comme psychoéducateur en pédopsychiatrie, c’est terminé.

J’avais un engagement.

J’allais le respecter.

J’ai quitté ma maison vers 10h00.

Voici ce que j’ai vu sur le chemin pour me rendre à  »La Maison Rouge ».

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– Les déménageurs

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La mère et ses deux gars = Samaritains Urbains

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Henri-Bou

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Le Parking

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Albert-Prévost

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Je suis arrivé à 12h30 à  »La Maison Rouge » (tsé, c’est même pas 7 kilomètres de chez moi)

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C’est quoi la Maison Rouge?

C’est la clinique infantile de psychiatrie du Pavillon Albert-Prévost.

Le Pavillon en santé mentale de l’Hôpital du Sacré-Coeur de Montréal.

C’est là qu’il travaillait quelques jours par semaine.

Le reste de son temps, il intervenait au  »Centre de Jour » juste l’autre bord de la Rivière des prairies.

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Pour savoir qu’il était au bureau, il suffisait de regarder si sa lampe était allumée.

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Heureux d’avoir pu accomplir mon engagement auprès de mon père.

J’allais quitter.

Il m’a proposé d’aller me reconduire en voiture.

Le Starter a brisé en sortant du parking.

Évidemment…

J’ai quitté  »La Maison Rouge » à 14h00.

Voici ce que j’ai pu voir et constater sur le chemin de mon retour.

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Palmarès Hobbitien 2012 (Partie 3 Top Québécois)

Top 10 des albums Québécois 2012

Partie 1 Partie 2

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10 –  Marie-Pierre Arthur – Aux alentours (Bonsound)

(Pop Journal Intime de gros calibre)

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J’ai beaucoup aimé l’album de Marie-Pierre Arthur. Bonsound se trompe rarement.  La plupart du temps, leurs artistes sont intéressants, mélodiques, créatifs.  C’est le cas de MPA.  Celle qu’on connaît également comme la copine du passionné Frank Lafontaire (réalisateur et claviériste de Karkwa) est une artiste complète qui a une voix extrêmement juste et puissante. Les arrangements du disque sont très pop et agréables.  Aux alentours ne révolutionnera pas vos oreilles et vos repères musicaux, c’est simplement un excellent disque à écouter peu importe la situation et l’action que vous effectuerai.

À écouter sur l’album :

Fil de soie

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9 – Lux Continuum – The Lux Continuum

(Low Deep Hip-Hop funkadélic)

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Il y a de ces groupes qui ne sont pas connu et qui méritent notre attention.  Lux Continuum est un groupe qui fusionne le Hip-Hop, le funk et le Jazz à merveille. Musiciens hors pairs, on retrouve des rythmes originaux, inspirés et franchement rafraîchissants.  Le piano, l’électro et le flow y sont utilisés avec brio.  Visiblement des enfants de Mister Valaire, ces gars ont rien à envier à d’autres mecs de leurs âges.  Lux Continuum est un album très bien ficelé avec peu de moyen.  Un enregistrement de qualité digne des grands de chez Bonsound ou Audiogram.   À noter Back to Bach qui propose un Hip-Hop sur du J-S Bach.  On aime.  Contribution volontaire sur Bandcamp!

À écouter sur l’album :

Sordid Details:

Back to Bach :

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8- Louis-Jean Cormier – Le treizième étage (Simone)

(Indie-Rock Captivateur)

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En algèbre, on peut isoler une variable.  Louis-Jean Cormier a fait des mathématiques avec son groupe Karkwa.  Il a isolé la variable LJC et s’en est suivi un album doux, sympathique et viscéralement authentique.  Bien qu’à mes yeux il soit considéré comme un demi-dieu, Louis-Jean a relevé le défi de l’album solo dans mon coeur et mes oreilles.  J’ai découvert l’aspect plus folk mélodiste et plus engagé.  J’ai retrouvé sa magnifique voix qui semble toujours nous dire à quel point les mots méritent d’êtres chanté avec douceur et affection comme lui le fait. J’ai aussi retrouvé le musicien, réalisateur de talent qu’est LJC. Parce qu’en premier, ce gars est une machine à projet, un créateur universel, une âme sensible, un perméable à moments humains.  La belle participation de Marie-Pier Arthur et d’Adèle Trottier-Rivard est venue jeter de l’huile sur le feu pour mon palmarès.

La grande force de Louis-Jean Cormier, les progressions d’accords. Lui seul accorde ses guitares de cette façon.  Un grand mélodiste.  Hallucinant.

À écouter :

Bull’s eye 

et

Un Monstre

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7 – Patrick Watson – Adventures in your own Backyard (Secret City)

(Mile-End Imaginaire Musical)


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Le chou-chou de toutes les filles de mon âge.  Il est papa, il chante bien, il est beau, il est créatif, il a voyagé… ah.  Elles ont raison, le gars est attachant, bon, et c’est un fichu de numéro. Un intense… Il a un peu le même genre de créativité éclatée qu’un certain Pierre Lapointe. Adventures in your own Backyard était un des disques les plus attendus de l’année.  Pour ma part, je n’ai pas été déçu, ni renversé.  Parce que sinon, il ne serait pas 7ème.  J’ai littéralement trippé sur Close to Paradise.  À mon avis, ça reste son meilleur, mais vous me lancerez des roches.

Mais ça ne fait pas que cet album est inintéressant.  Au contraire, j’ai beaucoup aimé l’entrée avec Lighthouse. Surprise! des trompettes mexicaines à la fin.  Elles étaient biens placées ces trompettes, surprenantes certes, mais bien punchées.  Les musiciens sur le disque sont extrêmement bons, lyriques sensoriels. Un beau voyage à travers nos propres images.  C’est un beau meuble musical pour des soirées colorées et humaines.  De petits bijoux sur le disque et on a déjà hâte au prochain.

À écouter sur l’album :

Lighthouse

Quiet Crowd

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6 – Lisa Leblanc – Lisa Leblanc (Bonsound)

(Power Pop Féminin Vocal Voluptueux)


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Bon, je vais vous le dire tout de suite. Pour moi Lisa Leblanc est une SEX SYMBOL. On en a parlé beaucoup, pis on a bien fait. Elle fait ce qu’elle aime et c’est franchement rafraîchissant de voir des textes vrais comme ça. C’est une authentique et je suis pas certain qu’une grosse job de  »malléabilité de communication » ait été fait sur cette fille tellement elle parle franc jeu. Bon, l’album est vraiment solide, bien enregistré et extrêmement intéressant au niveau des mélodies. Une voix puissante et une habile guitariste,  Lisa Leblanc est pas juste béton, c’est une féministe de sa génération.  Elle incarne une fille qui a un look girl next door et elle passe un message. De plus, la réalisation de Louis-Jean Cormier vient donner une touche magique au disque.  C’est une oeuvre qui va passer à l’histoire, on le sait.  En plus, la pochette est magnifique.  Gros coup pour Bonsound cette année.  Lisa Leblanc, chez nous, on te love pis vraiment .

À écouter sur l’album :

Juste parce que je trouve que c’est une magnifique chanson pis que j’ai le droit de faire tout ce que je veux parce que c’est MON palmarès.

Juste parce que j’peux

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5 – DSTR – Reconstructed Memories (NEFERIU)

(Sampled-Break Hip-Hop Québécois Nostalgique)

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En fouillant sur les internets, on trouve parfois de quoi de génial et d’orginal.  Dans mes valeurs personnelles, on retrouve l’ouverture et la créativité à l’avant plan. Ce projet musical est complètement conséquent à ces valeurs. C’est pourquoi le dj/ producteur/ graphiste/ réalisateur Christian Bélanger AkA DSTR (prononcez De Star)  a eu l’idée, il y a déjà de cela quelques années, de mixer, couper, rapiécer, et enchaîner des extraits sonores québécois des années 50 aux années 80. Une idée géniale qui a demandé un travail complètement hallucinant de la part de DSTR.  Ce que ça donne au niveau quantitatif est magistral.  On parle de 40 pièces pour rien de moins que 75 minutes!  Le Label de la Colombie-Britannique Neferiu a endossée ce disque.  Cela n’en coûte que 5$ pour tout l’album!  Aller!!!

À écouter sur le disque :

Meanwhile

et

Mama’s Boy 

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4 -Krystale & Kaytradana – The Good Fight

(Neo-Électropop Métissé)

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Violent coup de coeur cette année pour la voix raffinée et jazz de Krystale et l’éminente créativité rythmique de Kaytradana (feu Kaytradamus).  Que ces deux jeunes montréalais collaborent ne pouvait que donner du bonheur en canne.  La jeune de 21 ans a déjà produit un EP sous sa propre égide et maintenant une collaboration de six chansons avec le jeune prolifique beatmaker qui, déjà l’autre jour à la SAT, partageait la scène avec l’incroyable AraabMUZIK. The Good Fight est un petit album, certes, mais sans faute et avec une signature profondément groovy faisant preuve d’une grande âme musicale. On y retrouve des influences jazz et très soul.  Les beats de Kaytradana accompagnent parfaitement la voix liquoreuse de la jeune auteur-compositeur interprète aux origines dominicaines.

Impossible de ne pas se sentir charmé par cette production solide et originale.  Elle fera le plaisir de tous à cause de sa grande polyvalence.

À écouter sur l’album : The Good Fight

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3 – Steve Hill – Solo Recordings vol. 1

(Blues de Destruction Massive)

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Le trifluvien Steve Hill et son album ÔÔÔ combien blues Solo Recordings Volume 1 est venu me scier en deux cette année.  Il a simplement TOUT fait sur cet album.  Pour l’avoir vu sur scène au FIJM, c’était simplement décapant.  J’ai eu l’impression de me gargariser avec du Drano tellement sa guitare slide est violente et grasse.  Du Blues, on en prend plein la gueule dans cet album complètement brut et authentique.  Un pied de Hill contrôle le Hi Hat et l’autre le Bassdrum.  Le reste est classique, guitare et voix. Sur cet album, on sent les influences de Jimmy Reed, Elmo James et on a droit à une reprise de Honey Bee de Muddy Waters (Enregistrée en 1951 sur Chess Records).  Franchement, c’est fait avec une brutalité raffinée et avec une passion dégantée. Il est à noter qu’il renoue vraiment avec le blues dans cet album puisqu’il avait vraiment exploré ses côtés plus adolescents et heavy lors de ses derniers albums (Devil at my heels).À noter sa technique sans pic. Steve Hill doit vraiment être vu en spectacle!  S’il passe dans votre coin, allez-y!

Simplement mentionner qu’en tant que guitariste, je peux vous confirmer le fait que Steve Hill a vraiment un jeu d’Exception et qu’il ne s’agit pas simplement d’un bon musicien, il s’agit d’un style et d’une technique qui lui est propre.  S’il se produisait aux USA, il aurait certainement un succès VIGOUREUX! Attention, il est normal de faire BEAUCOUP de air guitar.

À écouter sur l’album :

Mon coup de coeur de l’album, la pièce Politician (de Cream)qui repousse toute forme de pesanteur et de créativité en terme de guitare Slide .

et

The Ballad of Johnny Wabo (Wabo est une expression de Trois-Rivières pour référé aux Redneck!)

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2- Avec pas d’casque – Astronomie (Grosse Boîte)

(Aventure introspective mésosphèrique)

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J’ai entendu parler de ce disque en début d’année.  Je connaissais Stéphane Lafleur de par Continental, un film sans fusil. J’avais également déjà entendu parlé de Avec pas d’casque, mais c’était pour moi un groupe pas trop connu et je n’avais jamais exploré.  J’avais par contre énormément aimé les personnages et l’état d’esprit de son film.  Quand j’ai vu la pochette d’Astronomie, je ne savais pas pantoute qu’il s’agissait de ce groupe.  J’étais à L’Oblique, disquaire indépendant montréalais.  Je me suis approché pour me rendre compte qu’il s’agissait non seulement de la plus belle pochette québécoise de tous les temps, mais aussi d’un grand album de chez nous.

Complètement épuré, métaphorique et méticuleusement bien arrangé, Astronomie nous plonge dans un état d’esprit second.  Il s’agit d’un album à écouter et ça, au sens propre de l’expression.  S’asseoir dans le salon avec un bon truc à boire et être prêt à plonger dans un univers est selon moi la meilleure façon de profiter de cet album.  Je pense aussi que cet opus a la prétention d’appartenir d’une façon personnelle à quiconque.  Son interprétation peut être variée, multiple. On pense à la dernière pièce du disque Les oiseaux faussent aussi  »J’ai trop voulu de tout en trop Et rien en même temps Coincé entre les animaux Et les nouveaux condiments » .  La seule pièce qui sort du lot au niveau de l’état d’esprit est sans doute La journée qui s’en vient est flambant neuve avec son rythme qui me fait penser au début d’un road trip et de ce moment lorsque l’on pèse sur l’accélérateur pour monter sur la 40…

Un album sublime qui passera à l’histoire du Québec.  Si vous êtes chanceux, j’espère que vous profitez d’un des 300 pressings de l’édition vinyle d’Astronomie pour la magnifique pochette.  En tout cas, je me compte parmi les 300 chanceux. Une pièce d’anthologie.

À écouter sur l’album :

Talent

La journée qui s’en vient est flambant neuve

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1 – Bernard Adamus – No 2 (Grosse Boîte)

(Rockabilly Bluesgrass Trash attendri)

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J’ai déjà qualifié le style de Bernard Adamus de scato-folk.  Sur son premier disque, BrunAdamus nous embarquait dans son monde éclectique de manière beaucoup plus impersonnelle que sur No. 2. C’est cette évolution qui m’a amener à choisir cet album comme le meilleur de l’année au niveau des productions québécoises.  Plus mature, moins dans l’excitation et le sensationnalisme, No.2 nous plonge, sans délaisser les lendemains de veille et l’omniprésence du houblon, dans une observation affectueuse de son entourage et de moments vivants.  Le style d’Adamus a certainement gardé son côté trash-blues, mais l’humanité qui en ressort nous insiste à chaque fois de vouloir écouter la chanson suivante.

On retrouve sur l’album d’excellents arrangements très bluegrass qui provoquera certainement chez la plupart des auditeurs, un pied battant la cadence. Évidemment, la plume de Adamus reste très imagée et frappante.  J’ai toujours aimé d’amour la façon dont il écrivait, mais franchement, dans ce disque les limites ont été repoussées.  Ce gars est un poète. Brun. Il restera toujours un peu à l’image du premier album.  C’est d’ailleurs pour cela (d’après-moi) qu’il a nommé son disque No.2 puisqu’il est toujours aussi fidèle à son univers, mais nous en a simplement un peu plus dévoilé.  Qu’on le veuille ou pas, on s’est attaché et ça continue…

À écouter sur l’album:

la chanson:  2176

Et

La seule chanson qui m’a fait brailler de l’année et que même après autour de 120 écoutes sur mon iPod, sa voix perce toujours mes oreilles avec autant d’authenticité.

Les chemins du doute

Palmarès Hobbitien 2012 (Partie 2 Positions 11 à 1)

Suite positions 11 à 1

Pour lire la partie 1 :

C’est ici

11- Fiona Apple – The Idler Wheel Is Wiser Than the Driver of the Screw and Whipping Cords Will Serve You More Than Ropes Will Ever Do (EPIC)

(Fragile & scintillant pop féminin)

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On le sait que Fiona Apple a fait un gros disque cette année.  Tout le monde en a parlé.  Elle a été acclamée partout.  Impossible de ne pas être curieux et de constater que les adjectifs positifs pour son album sont aussi nombreux que l’interminable quantité de mots qu’on retrouve dans le titre de ce dernier.  Épuré au carré et avec une grande touche d’intimité, l’album rentre directement dans le ventre, dans le coeur et dans la tête.  Les refrains sont solides et les mélodies harmonieuses. L’écoute de ce disque nous donne l’impression d’avoir droit à un spectacle privé dans un One Take.  On cherchera tout le long de l’album le son d’oreiller mentionné dans les crédits à son percussionniste de tournée Charley Drayton.  Sympathique, authentique et véritable la Fiona.

À écouter sur le disque : Every Single Night

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10 – Japandroids – Celebration Rock (Polyvinyl)

(College rock nostalgique énergisant)

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Ce groupe canadien en est à son deuxième opus et sérieusement, on en prend plein la gueule malgré un album de 8 pièces.  Un disque avec l’énergie d’adolescents juvéniles, mais fait par des trentenaires.  Ce duo est inventif, tant au niveau des mélodies que de la batterie. On a simplement le goût de monter le son, d’accélérer, de faire du air guitar, de monter les marches deux par deux, ou bien de hurler en dessous de l’eau. C’est une boisson énergétique pure.  Un tel joyau brut ne mérite que notre attention. Du college rock  de haute voltige et une vraie célébration du rock!

À écouter sur l’album – The House that Heaven Built

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9 – Alt-J – An Awesome Wave (Canvasback)

(Moderne Indie Rock Métamorphique)

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Alt-J a été une révélation tardive pour moi. J’ai par contre tout de suite eu le coup de coeur.  Le genre de première écoute prolifique dans les images, les sentiments, les impressions, les aspirations des tounes à venir.  Vraiment il s’agit d’un superbe premier jet.  Gagnants du prestigieux Mercury Music Prize, Alt-J sortent forts avec un premier disque.  Ce quatuor anglais originaire de Leeds  m’a permis d’apprécier de belles mélodies inspirées et une basse très punchée.  La voix nasillarde de Joe Newman me rappelle Outkast sur la pièce Breezeblocks. C’est sans contredit une révélation mondiale et un disque qui restera dans le coeur de plusieurs.  La grande force de An awesome wave est le fait que ce disque va dans tous les sens.  On sent des dizaines d’influences, on ne sait trop les nommer.  Certainement tant tôt RadioheadWild Beasts. C’est peut-être les cinq ans de travail derrière le disque qui ont amené ce lot de couleurs et variétés.  Une chose est certaine, ça perce les oreilles et avec un gant de velours.

À écouter sur l’album : Breezeblocks 

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8 – Perfume Genius – Put Your Back N 2 it (Matador)

(Transcendant pop vocal sensible)

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Michael Hadreas est l’auteur-compositeur-interprète derrière ce disque.  Ceci est son deuxième après Learning paru en 2010.  Put your back N 2 it est un album simple dans sa forme, voir épuré, mais très dense au niveau du contenu. Hadreas est un observateur.  Il raconte à travers des chansons sa vision des comportements humains et c’est toujours fait avec beaucoup d’affection, humanité et respect.  Dark Parts parle de l’abus que sa mère a eu de son grand-père.  C’est un album qui mérite qu’on s’y attarde par soi-même, mais ce n’est certainement pas les sujets et la voix précise empreinte d’un rude parcours qui vous fera chanter à tue-tête.  Un des albums les plus noir de l’année.

À écouter sur l’album : Normal Song

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7 – Django Django – Django Django (Because Music)

(Neo-New-Wave Festif et Éclairant)

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 Un album qui commence de cette façon ne peut qu’être voué à un grand succès à la fois dans mon coeur et dans mes oreilles.  On dès les premiers instants, on est connecté avec l’album de manière intrigante.  On le sait que ça va être électro, mais pas trop. Par contre, on le sait que ça va groover. C’est alors la fleur s’ouvre et une oeuvre grandiose s’amorce dans nos oreilles.  Un nouvel album phare de le new-wave 2.0.  L’intro fait penser à un début de film des années 80 et dès que l’enchaînement à Hail Bop est fait, on tombe en amour avec la monté fracassante.  La guitare s’installe ensuite pour donner le ton.  Les voix nous amène une recette parfaite à la Depeche Mode.  On retombe avec la puissance et les années fastes où trois accords armés de voix très centrales charment n’importe qui.  Django Django est un trio d’Edimbourgh et c’est le premier disque de ce groupe.  On parle ici d’un succès inattendu et d’une délicieuse découverte.  Aussi ludique soit-il, le groupe nous amène partout et chacune des chansons a un refrain ou un rythme extrêmement accrocheur.  On parle de mélodies magiques et vivifiantes.  C’est un disque qui nous sourit du début à la fin et ça respire la bonheur ensoleillé.

À écouter sur l’album : Zumm Zumm 

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6 – Grizzly Bear – Shields (Warp)

(Concentré d'indie Rock à Grand Déploiement)

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Pour n’importe quel groupe, il aurait été extrêmement difficile de trouver la motivation de faire un album suivant Veckatimest. Cette année, on a eu droit à un disque plus intellectuel,raffiné et différent. Cet album est vraiment dense. Difficile à comparer avec le précédent.  La première écoute est à mon avis très difficile.  Shields se développe à petit feu et il faut prendre son temps avant de l’apprécier. Un moment donné, l’épiphanie fait son oeuvre et on découvre un album mémorable. J’ai eu la chance d’aller voir en spectacle Grizzly Bear à l’Olympia et croyez-moi, ce fut un spectacle époustouflant.  Shields est un disque profond, songé dans son contenu et son contenant.  Les arrangements sont extrêmement diversifiés et on doit certainement le riff de l’année à la pièce d’entrée Sleeping ute  Grizzly bear est sans contredit un groupe démocratique au sommet de son art.  En effet, on retrouve un partage musical et vocal qui nous fait comprendre pourquoi les 4 membres sont placés tous à l’avant-scène lors d’un spectacle.  Les échanges de voix entre Rossen et Droste sont nombreux et se fondent parfaitement.  L’influence de Rossen vient parfois se faire ressentir, mais on parle surtout d’un album où les quatre membres prennent leur place.  Parce que l’évolution du groupe est là, l’équilibre est parfait.

À écouter sur l’album – Sleeping Ute (Pour le riff HALLUÇINANT de Rossen)

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5 – Zaki Ibrahim – Every Opposite (Motif)

(Power pop vocal d'empowerment féminin)

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Cette année, j’ai découvert une nouvelle artiste canadienne d’origine sud-africaine et écossaise qui s’appelle Zaki Ibrahim. Une voix extrêmement puissante et bien phrasée, des arrangements solides et une touche tribale. Juste assez pop pour les fans de musique populaire et juste assez Indie pour les hipsters et dissidents musicaux de ce monde. L’album Every Opposite est son premier opus et s’écoute D’UNE TRAITE! Franchement rafraîchissant puisqu’il est tantôt électropop, desfois soul et parfois me rappelant les années  majeures de Björk. De plus, elle a collaboré avec Nick Holder, un producteur électro que j’adore pour la toune HeartbeatsZaki Ibrahim s’impose pour moi aujourd’hui parmi les grandes artistes de demain.  Je suis littéralement tombé en bas de mon fauteuil pour tout cet album digne des plus grands bétons.  La complémentarité à travers les chansons et la cohésion des arrangements entre les pièces est désarmantes. On ne peut qu’être enchanté sous le charme de cette jeune chanteuse prodige. L’année au niveau vocal féminin a été très faste et je me serais trouvé ingrat de ne pas commencer mon top 5 avec elle.

À écouter sur l’album : Draw The Line

et Something in the water 

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4- Apollo Brown & OC – Trophies (Mello)

(Funkysoul Good & Shizzle Hip-Hop)

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Je ne vous dirai jamais à quel point j’adore Apollo Brown (ici).  Producteur et beatmaker incroyable de Detroit, l’album commence avec cette citation :  » We don’t need to know that you done some shit – just do it! God damn trophies. » Évidemment, on retrouve des beats hallucinants et originaux comme seul Brown sait les faire.  Toujours axé sur l’héritage funk, soul et afro-américain, Apollo Brown  utilise le sample, le mixing d’une manière si naturel qu’on serait porté à croire qu’il a vendu son âme comme l’avait fait Paganini.  Jamais au grand jamais j’ai entendu des beats hip-hop aussi bien ficelés que ce à quoi on peut entendre sur un disque touché par ce producteur. On nous donc livré les 16 pistes de Trophies en mai.  Quoi dire d’autre?

Puisque Brown produit, c’est à OC qu’est revenue la tâche de rapper. C’est est un musicien au flow déstabilisant.  À 41 ans, c’est un gars qui a clairement une attitude et toute une histoire derrière lui  (le classique World…Life).  Ça crée un duo pas simplement efficace, mais plutôt grandiose. C’est une forme de renaissance pour ce rapper et un nouveau souffle pour un gars qui date des années 90. Un message est martelé dans ce disque.  C’est un album pour les jeunes: Faites ce que vous aimez dans la vie, foutez-vous de l’argent.

À se procurer en vinyle bien évidemment!  Ah oui… j’ai oublié de vous dire, Apollo Brown avec Guilty Simpson vient en plus de sortir Dice Game, un nouveau long jeu de 16 tounes… 2 albums en 2012… pourquoi pas? 

Ici ma pièce préférée de l’album : Prove me wrong.

et The Pursuit

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3- Tame Impala – Lonerism (Modular)

(Progressif psychédelique rock embrouillé australien)

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Bon, je dois l’avouer, ce long jeu, j’avais hâte pas mal de l’écouter.  Après Innerspeaker paru en 2010, la barre était aussi haute le Burj Khalifa.  Premièrement, ce qui m’a fait plaisir est sans contredit la façon dont le groupe place la table de l’album avec Be Above it qui sert de préface grâce à une batterie et un synthé qui démolissent. Tout de suite, on le sait qu’on aura droit à du boulot haut de gamme. Lonerism est beaucoup moins classique en terme de psych-rock que son prédécesseur. Le trio australien de Perth nous en met plein la vue.  Ben oui, vous me direz que Parker a la même voix que Lennon et que l’album est très inspiré de l’époque Magical mystery tour, mais les australiens repoussent rapidement les limites en étant tout à fait à jour avec un son qui traversera l’histoire. Pourquoi ce disque arrive en premier rang?  Parce que j’ai l’impression que dans 50 ans, il sera encore excellent.

Techniquement, le groupe est redoutable.  Une des forces du groupe, et de manière incontestée, est la batterie toujours créative et fracassante de Jay Watson.  En plus de se gâter avec les percussions, Watson vient prendre une place beaucoup plus importante dans cet opus avec un synthétiseur très présent  qui est complètement astronomique et halluciné.  S’en suit d’un amalgame de combinaisons complémentaires entre ces synthés et  les guitares très garage du trio.  Est-ce que je vous ai dit que j’ai aimé ce disque??

En ce moment, je résiste énormément à faire l’achat de l’édition limité de l’album avec vinyles turquoises…

À écouter sur l’album, la délicieuse pièce d’intro : Be above it

Ainsi que: Apocalypse Dream

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2 – Frank Ocean – Channel Orange (Def Jam)

(Neo Lo-Fi Soul R&B de Demi-Dieu Afo-Américain)

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Quand j’ai entendu Frank Ocean sur Watch the throne, j’ai entendu une grande voix.  De là à penser qu’un nouveau classique moderne naîtrait l’année d’après, je ne savais pas.  Channel Orange fait partie de ces albums dont tout le monde parle, ou a une opinion.  C’est indéniablement un disque important qui confirme le retour en force et la popularité fracassante du néo-soul / R&B.  Frank Ocean a une voix complètement unique.  Très afro-américaine, subtile, toute en finesse, il a son propre pitch.  Il se rapproche beaucoup de Stevie Wonder, mais est campé les deux pieds en 2012.  Sur son album, on retrouve des influences fortes d’électro, de lo-fi et de soul.   L’ensemble campe vraiment et met une estampe sur le calendrier musical universel que le néo-soul est de plus en plus un type musical à part entière.  Il suffit d’entendre la première chanson de l’album soit Thinking about you pour comprendre la puissance de ce qui suivra durant l’heure d’écoute des 17 pistes de Channel Orange.

Les arrangements font penser à Marvin Gaye et le légendaire What’s going on sur Sierra Leone.  Ocean a une facilité avec le phrasé franc et très soul.  À peu de reprise, il repousse les limites du R&B sauf pour Pink Matter où il nous donne littéralement des frissons. D’ailleurs cette pièce se rapproche énormément à des moments d’une vivacité d’un certain Michael Jackson.  Évidemment, c’est un plaisir d’entendre André 3000, cette voix qui est intégrée dans mon oreille affective.

 Je ne parlerai évidemment pas ici de Pyramids pour des raisons évidentes……… à suivre.

À écouter sur le disque : Sweet life 

et Pink Matter (avec André 3000)

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1- Hundred Waters – Hundred Waters (OWSLA/Elastia)

(Epic Indie-Électrofolk Multi-instrumentiste Floridien)

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Sans surprise, Hundred Waters remporte la palme de l’album de l’année Hobbitudes.  Je n’ai rien à dire contre ce disque. Qu’est-ce qui place cet opus en si bonne position? Parce qu’on parle d’innovation à beaucoup de niveaux.  Premièrement à cause de la qualité d’enregistrement.  Deuxièmement à cause de la qualité des voix des DEUX chanteuses qui viennent d’un milieu pastoral au niveau du chant. Troisièmement, c’est un groupe multi-instrumentiste qui vient brasser la cage du indie folk.

La sensualité est débordante et l’album vient répandre ses progressions d’accords et mélodies à la manière des grands.  On entendra des violoncelles, des flûtes traversières, des xylophones, plusieurs synthétiseurs, des percussions des harmonies, guitares, basse et j’en passe. Tout est pertinent à son moment. Hundred Waters est non seulement un bon disque, mais il s’agit aussi d’un son avant-gardiste. On se risquerait même à penser à un groupe profondément égalitaire et équitable dans la répartie des chansons.  Souvent j’accorde un sexe à une oeuvre.  Celle-ci me laisse perplexe puisqu’elle est profondément féminine, mais masculine également.  Sans être trop intellectuelle, cette parution en 2012 se laisse plaire et écouter pour toute forme d’auditoire.  On dirait une main tendue au monde fermé du classique. On doit se questionner également de l’intérêt que Skrillex a eu pour ce groupe?

En effet, OWSLA records (le label de Skrillex, producteur et demi dieu dans le monde des Neons kids) vient de faire leur première signature indie avec eux.  J’aime le fait que ce groupe soit difficilement classifiable. Ceci illustre l’énergie indéniable de renouveau et de potentiel hallucinant qui découle de Hundred Waters.  Si vous connaissez Björk, Austra, Braids ou bien Dirty ProjectorsHundred Waters devrait inévitablement vous plaire.

Le groupe pourrait gagner haut la main la plus belle pochette de l’année.  D’ailleurs le nom du groupe vient de l’artiste autrichien Friedensreich Hundertwasser (1928 –  2000) à qui on doit de magnifique oeuvres d’art urbaines.

À mentionner que le EP de Thitsle vient de sortir avec la participation de Tokimonsta , Star Slinger et Araabmuzik.

Spécial Gagnant,

un vidéo en premier : Sonnet la chanson qui ouvre l’album

Par la suite : Thistle 

Ainsi que Boreal, la chanson qui m’a fait connaître le groupe